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Guma

26. Araiguma

Né le 28 septembre 2041, Araiguma est le troisième fils de Chino Satoshi, technicien électromagnétique pour une filiale de Renraku Computers. Sa mère, Rukka, est morte suite à une infection pulmonaire quelques mois après.

Araiguma a grandi dans la banlieue de Chiba. Il a suivi les mêmes études modestes que ses deux frères aînés. Introverti, il n’a jamais cherché à se faire des amis, il préférait la compagnie de sa famille à celle des inconnus.

Lorsque Araiguma atteignit ses 16 ans, M. Satoshi ne pouvait plus gérer le loyer de leur appartement, couplé aux frais requis pour l’éducation de ses trois fils.

L’aîné, Kuma, obtint une place de plongeur dans un restaurant du centre de Chiba, il put donc permettre à ses deux frères cadets de quitter la province et tenter de gagner plus d’argent, et d’avoir une meilleure situation.

Inu et Guma, âgés respectivement de 19 et 16 ans, prirent la route pour rejoindre Kyoto.

Sans pouvoir communiquer avec leur famille, les deux frères s’appliquèrent pour trouver des jobs rapidement et efficacement. Pendant un certain temps, ils furent les vigiles d’un bar-discothèque nommé “Altered Beats“. Leur travail fut remarqué, et gagnèrent les faveurs de leurs employeurs.

Inu devint le chef de la sécurité du bâtiment, Guma son bras droit. Leur montée dans l’entreprise les amena à d’autres “loisirs“. Inu avait toujours une personne de plus dans son lit, Guma s’acoquinait volontiers avec les petits dealers, pour leur faire peur, pour les racketter aussi.

Un soir, une altercation eût lieu aux abords de la discothèque. Trois hommes lourdement armés avaient essayé de kidnapper un client et son  escort-girl. Après l’intervention d’Araiguma, sa vie prit un autre tournant. Dans la bagarre, l’un des trois hommes blessa le jeune Oni à l’avant-bras avec un petit objet pointu. L’agresseur fut le seul des trois à prendre la fuite.
Une semaine et trois jours plus tard, Guma parcourait le chemin pour rentrer au studio qu’il partageait avec son frère. Dans la foule, au crépuscule, il eût un instant de stupeur. Le visage de son agresseur apparut dans la masse. Juste après, il eût de graves vertiges et s’écroula sur le sol.

Araiguma se retrouva enchaîné contre un pilier dans un parking souterrain. On l’avait soulagé de son portefeuille et son sinner. On le frappa au visage pendant plusieurs minutes. Dans son délire, entre deux grèles de coups, il vit quelqu’un de costaud, vêtu d’un Costume Actionner rouge, la face voilée d’une paire de lunettes noires et d’un masque chirurgical. Ce personnage s’asseyait dans un siège prévu pour lui, non-loin d’une grosse voiture noire. Il observait les autres frapper Guma, et de temps à autre, leur donnait des ordres, soulageant un moment sa douleur.

Guma crut percevoir son nom. Les autres le nommaient “Aka Danshaku“, un nom impropre. Cela voulait vulgairement dire “Baron Rouge”.

Aka Danshaku s’interposa entre deux de ses sbires. Ils reculèrent. Guma, le visage contusionné, releva péniblement le menton.

L’autre restait impassible. Il baissa son masque pour siffler un air connu. C’était “Le Temps des Cerises”, un vieux morceau qu’on peut entendre dans un film de Miyazaki, mais pas moyen de se souvenir.

Allez. On a plus besoin de toi, le monstre.

On traîna Araiguma dans une barge d’ordures, il sentit l’amère odeur du poisson désséché, et au bout d’une heure à peine, l’eau gelée du Katsura entrait dans ses naseaux.

Guma grogna. Une traînée de bulles s’échappa de sa gueule. Les bleus et les blessures piquaient atrocément sa peau dure. Mais il n’en avait cure.
Il se débattit avec férocité. Le scotch noir, dont on se servait pour réparer les câbles, était solide. Mais pas assez pour un Oni enragé.
Sur le rivage d’une décharge au Sud-Est de Kyoto, Guma se releva péniblement. Mais il marcha. Il souffrait. Mais il ne souffrirait plus.

Depuis 2060, jusqu’à 2071, Araiguma écuma les ruelles de Kyoto. Il recherchait des gens qui le mettraient sur la piste de la bande de ce Aka Danshaku.
Sans succès. Pour subsister, il démantela un petit réseau de trafic de stupéfiants pour le compte des Yakuzas d’Oro. Un riche promoteur influent dans la pègre japonaise. On lui offrit une bonne place.

Sois mon butler, et tu auras ce que tu désires.

Pendant onze ans, Guma protégea les intérêts d’Oro. Il suivit l’enseignement de celui-ci. La pègre et les guerres des gangs étaient son quotidien.
Il ne refusait pas l’argent. Car il avait besoin de vivre. Mais il refusait les présents. Une perte de temps pour l’Oni. Oro fit travailler son majordome de concert avec son assassin personnel. Manchi Kamura, une spécialiste de l’attaque à main armée, et l’infiltration.

Guma apprit beaucoup de Manchi, et garda en mémoire les devises du Tueur Parfait :

Saru no shiri warai”  Se moquer des points faibles des autres en ignorant ses propres points faibles
Inu mo arukeba bou ni ataru”  Le bonheur sourit à ceux qui agissent
Deru kui wa utareru”  Le clou appelle le marteau

Le 15 décembre 2071, Oro offrit une information à son majordome :

De proches compagnons de Danshaku ont été vus à Seattle. Si tu ressens le besoin d’y aller, ne t’en prive pas. Mais reviens entier. Je tiens à tes services.

Actuellement, dans le vol 502, qui relie Kyoto à Seattle, un Oni est confortablement installé en seconde classe. Un magazine est déplié entre ses doigts griffus. Un article sur les groupes de musique émergeant en Europe. Spécialité : musique des années 80. Un sourire.

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Headshot à la Gowinhelm

12. Fumble à la Gowinhelm

J’ai précédemment évoqué ma passion pour le jeu de rôle. Ce loisir m’anime à tel point que je n’hésite pas à moi-même endosser le poste de Maître du Jeu au sein d’univers que j’ai créés, sur lesquels j’écris. Oui, oui, j’écris plus que je ne dessine. Étonnant.

Certains de mes plus proches amis reconnaîtront cette scène. Ma petite amie, incarnant une technomancienne (comprenez “guerrière qui utilise la technologie dans un univers fantasy“) avait littéralement pulvérisé l’un de mes PNJ, la faute aux dés, la faute à la logique trépidante d’une femme forte de caractère.

Description de la situation :

Mes héros rejoignent enfin, au prix de moult péripéties, le lieu qu’ils convoitaient depuis tout un scénario. Malheureusement (?), celui-ci est occupé par un personnage, qui, après les avoir alpagués d’un “Je ne peux pas vous dire qui je suis” (classique), leur lance un sort aveuglant, et prend une fuite impromptue.

Ma chère et tendre, incarnant Jesse Gowinhelm la technomancienne, totalement immunisée aux contraintes magiques, arme son fusil et décide de tirer sur ce personnage, pour l’empêcher de s’enfuir.

Un jet de dés. Coup critique. Je n’ai pas le choix. La balle, tirée presque à bout portant, explose la poire de mon personnage. Et voilà bim. Alors je râle.

Texte de la situation :

MOI : “Non sérieux ?

JESSE GOWINHELM : “Cette fille attaque mes potes et elle se tire comme ça, sans rien dire. J’ai juste voulu lui rendre la pareille. Et puis je visais une jambe. Elle avait qu’à pas bouger.

Une sincérité qui force le respect.

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La Compagnie (sans titre)

4. Ils sont niveau 2 !Alors que ma chère et tendre travaillait d’arrache-clavier lors des Happy Hacking Days, je me suis adonné à l’une de mes plus folles passions : le jeu de rôle (ou roleplaying game pour les anglophones).

Dans la Terre de Fangh, si chère à Monsieur PoC, nous avons esquivé le légendaire Donjon de Naheulbeuk pour tenter de réparer un odieux larcin. Un seigneur local s’étant fait voler sa couronne, nous étions tout indiqués pour honorer cette mission. Ou presque.

Notre Compagnie est donc constituée de deux Nains, un demi-elfe, une elfe des bois, une semi-orque, un chien galeux, un cheval et un âne. N’en déplaise à notre rôdeur, j’avais pas assez de place pour caser le bourrin. Et puis, un âne, c’est plus rigolo !

Grande histoire que ce premier scénario en Terre de Fangh ! Un éborgné magistralement maladroit, des Nains plus vrais que nature, une elfe quasiment intouchable (pas perdu un seul point de vie, si si la famille), un magicien véreux pris au saut du lit… que d’aventures !

Starring (de gauche à droite) : Frogahkiin (le Nain Pirate), Adeline (le Nain Magicien), Bérenger (le Rôdeur Demi-Elfe), Isoline (la Rôdeuse Elfe Sylvaine) et Anaïs (une Paysanne [???] Semi-Orque)

Je serai tenté de caser notre meujeu dans le clébard, mais j’ai peur qu’il le prenne mal. 😛

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